Votre Canard a reçu votre verdict sur son #7 : coupable de longueur. Il plaide coupable, enfile quand même sa cape d’Arsène Lupin, et vous rejoue le crime — moitié moins de mots, même venin. Et un bonus pour survivre, artistiquement, au mur de la dette qui fera valser le futur gagnant de l’élection.
Le décor : l’Élysée saccagé, pas un seul pilleur sur la scène. Un crime parfait… à un détail près. Le coupable a signé. Trois indices, et je vous livre deux coupables que personne n’attend.
Indice n°1 — la scène.
Vendredi soir, concert de Céline Dion. Brigitte chante à tue-tête My Heart Will Go On — la chanson du Titanic, merci Céline — aux côtés d’Hélène Mercier-Arnault, épouse du milliardaire qui finance le paquebot. Ça sent l’hormone des milliards qui s’excitent sur la piste. Le lendemain, la scène tourne en boucle, des millions de vues : le pouvoir danse tout seul au bord de l’abysse, pachyderme aveuglé par son arrogance. Chapeau Manu, le marquis de Sade n’aurait pas fait mieux.
Trois jours plus tard : 700 000 jeunes dans les rues, les vitrines Vuitton en miettes, la fontaine Rolex renversée. Dimanche, l’allocution du grand chef — le vide intersidéral. Édouard Philippe dégaine aussitôt sur X : « Notre pays a besoin d’être commandé. » Lundi, fuite en avion vers Oman pour mendier un pétrole qu’il n’obtiendra pas. Se cramer en direct du haut du sommet de l’État, et pour ne rien dire : du grand art. Gonflez vos canots — pour l’instant, ce n’est que votre livret A qui prend l’eau.
Indice n°2 — le mobile.
Méfiez-vous du coupable trop évident. On veut nous vendre 700 000 casseurs comme toute l’explication : une jeunesse qui brise pour briser. Erreur. Pendant que les milliardaires pleurent leurs vitrines, personne ne regarde le vrai casse. Notre Jupiter, associé-gérant chez Rothschild de 2008 à 2012, a de la suite dans les idées : bâtir une France de milliardaires qui verrouille la jeunesse derrière un iceberg de dette abyssale, généreusement légué. Le Grand Braquage de la Valeur Intellectuelle dure depuis l’essor d’internet. Pourquoi reste-t-il impuni ? Relisez La Fontaine.
Même sa « souveraineté IA » est une tromperie : la promesse a glissé de « nous construisons l’intelligence » à « nous hébergeons celle des autres ». La France héberge un Mistral devenu chinois selon Le Monde. Roi d’une souveraineté à la con.
Indice n°3 — le bénéficiaire.
Depuis le début de la révolte lycéenne, Mélu-Che jette ses tonnes d’huile d’extrême gauche sur le feu pour le récupérer. Si bien que le 2 mai, on risque de devoir choisir entre lui et la fifille à son papa. Imaginez le SMS que Marine aurait pu glisser le soir du 17 : « Continue comme ça, Mélu-Che. Pour l’instant, sans-faute. Du grand art. » Plus la crise flambe, plus la fifille empoche des voix — au point de se croire élue avant le premier tour : « fuck la Constitution ». Elle aussi y passera : la tragédie des arrogants ne fait pas de favoritisme.
Révélation — deux coupables, et le premier est la victime.
Rangez les 700 000 sauvageons, oubliez Mélu-Che et la fifille : des figurants. Le coupable, c’est la victime. L’éléphant-président s’est tué de sa propre trompe. Trônant dans son Titanic du Dieu artificiel, persuadé que la machine à 10 000 milliards le sacrera roi du monde, il fabrique lui-même la nuée qui le dévore. C’est ma loi d’inversion du pouvoir, celle qui ne rate jamais : plus il se blinde, plus il arme contre lui une nuée de codeurs équipés de modèles chinois. Plus Manu verrouille, plus il se foudroie — en mode cyber.
Le second coupable porte un nom : le Grand Retournement. Une auto-destruction du pouvoir qu’on n’avait jamais vue, contagieuse, née de l’arrogance. Elle frappera tous les candidats de 2027. La fifille comprise.
2027-scope: l’hiver de la dette IA - Grande joie du Canard qui résiste avec l’art
Commençons par mon anticipation glaciale afin de finir sur une note pleine d’espoir pour les artistes rebelles. Macron ont mis la France à genoux en doublant la dette: nous sommes une cible tentante, nos ennemis, aidés par le FMI, vont porter l’estocade. Préparons-nous à l’hiver de la dette IA, il arrive ! J’anticipe qu’internet et la place publique seront occupés par une nouvelle nuée de sauvageons, mille fois plus nombreux que notre petit million d’étudiants radicaux, et prêts à tout pour sauver leur peau. Ni nos présidents, ni nos ministres ne pourront dormir avant longtemps avec cette nuée d’attaques cyber. Nos grands futurs chefs d’état risquent s’auto-détruire rapidement, la tentation de tordre le coup à la démocratie sera grande (loi d’inversion). Une nouvelle version du Jeu de trônes (Game of Thrones), mais avec de vrais morts.
Ma grande joie, mon espoir de Canard amoureux de la plume, est que la nuée ne se contentera pas de piquer : elle reprendra, pan par pan, la Valeur Intellectuelle Valeur Artistique qu’on lui a volée. Pendant que le paquebot sombre, Curry Barker, 26 ans, ex-YouTubeur, écrit-réalise-monte seul son premier film : 750 000 dollars de budget, 400 millions au box-office. Près de 500 fois la mise. Une nuée de Barker travaille déjà d’arrache-pied — pariez qu’ils explosent en 2027.
Le Big Short de l’IA ne ruinera pas que les braqueurs : il rendra à la jeunesse ce qui lui appartient. Pas la fin d’un monde — le début du nôtre. Car si l’hiver de l’IA de notre démocratie étranglée par sa dette arrive, il faut s’y préparer en résistant. Avec nos plumes et notre humanité. Quoi qu’il en coûte.
Vous n’en rêvez pas ? Moi si, ardemment. Et vous, de quel côté de la nuée vous rangez-vous ?
David Jamet — Signé Furax, résistant de la plume, encore vivant malgré les algorithmes. · david@canard-dechaine.fr
Au prochain Canard (#8) du mercredi 4/11— Pourquoi l’hiver de la dette IA arrive. Un volcan de dette en irruption sur nos routes numériques gelées. Les conseils artistiques du Canard — version Game of Thrones, pour y survivre. Gratuit, et ça mord toujours.



